Education : il faut positiver ! (partie 1)

 

En vingt ans, l’éducation des animaux de compagnie, particulièrement des chiens, est devenue une nécessité sociale et le « dressage » a laissé la place à « l’éducation positive » ! Technique ? Discipline ?
État d’esprit ? Pour beaucoup d’éducateurs ou comportementalistes, la notion d’éducation positive reste
encore bien floue ! Or l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit d’avoir un chien bien équilibré !
De la théorie à la pratique, les experts vous expliquent comment mieux se comprendre pour mieux vivre ensemble…

Eduquer son chien est une idée qui a moins de 30 ans, tout au moins sous les formes que nous connaissons aujourd’hui. Dans de nombreux pays, on voit encore des chiens errants qui vivent en bande et cohabitent de façon pacifique. Seuls les chiens qui vivent avec l’homme et particulièrement en milieu urbain, passent par une phase d’éducation. En réalité, c’est la société qui l’impose ! Avoir un chien qui aboie, se précipite vers ses congénères, court après les vélos ou lève la patte sur le massif de fleurs du
voisin n’est plus acceptable.

Pourquoi éduquer son chien ?

L’éducation permet avant tout de créer une bonne relation avec son chien ! Pour Catherine Collignon*, « Il s’agit d’adapter les interactions entre l’humain et le chien, en fonction de l’environnement dans lequel il vit ». L’enjeu est le bien-être du chien !
« Beaucoup de personnes pensent que leur chien n’est pas malheureux, qu’il ne s’ennuie pas, qu’il ne souffre pas de son mode de vie, note Isabelle Vieira*.Or c’est souvent une idée fausse. Un grand nombre de nos compagnons seraient stressés. Il est donc important d’éduquer les propriétaires en même temps que leur animal, par exemple pour reconnaître les signes de stress chez leur chien, par exemple lorsqu’un chien se lèche les pattes, baille, halète…et présente de nombreux signes d’inconfort qu’il faut décrypter. Le chien n’est pas un objet mais un être spécial, une espèce vraiment à part avec laquelle vous pouvez établir une vraie relation »

Eduquer pour éviter les abandons !

Si beaucoup d’abandons sont dus à des difficultés dans la vie du maître, à des problèmes de santé, la moitié des abandons seraient dus à des problèmes de comportement, qui auraient pû être résolus par l’éducation. Éduquer un chien facilite les adoptions ! Catherine Collignon* et Nicolas Ducasse* sillonnent ainsi la France pour visiter les refuges de la SPA et former les agents animaliers à éduquer les chiens.
« Quand les gens sortent un chien d’un box et qu’il sait s’asseoir et leur donner la patte, il est évident que ça change tout de suite leur impression, explique Catherine. Ceci permet de rendre les chiens de refuges fréquentables, de modifier le regard des gens et de diminuer les retours d’adoption ! ».
Ceci démontre que les chiens peuvent être éduqués non pas seulement lorsqu’ils sont chiots mais aussi à l’âge adulte et tout au long de leur vie.

L’éducation des chiens en chiffres

• 82% des chiens présenteraient des signes de stress
• 80% des éducateurs utiliseraient encore partiellement des méthodes coercitives
• 500 000 morsures par an (50 000 déclarées) seraient dues à une mauvaise relation entre le chien et son maître.
• La moitié des abandons (100 000) seraient dus à des problèmes de comportement ou d’éducation
• 95 % des comportements gênants peuvent être modifiés par l’éducation positive

Pour aller plus loin : les bases erronées de la dominance

La théorie de la dominance pose comme préalable l’existence d’une hiérarchie chez le chien identique à celle du loup.
Or, même s’ils ont un ancêtre commun, le chien n’est pas un loup. Il ne vit pas en meute ; il a évolué au contact des humains et vit plutôt en solitaire. De plus, on sait que si les loups ont bien une vie sociale, la place du chef fluctue selon les cas (l’alpha est un mythe !). Et, cerise sur le gâteau, la théorie de la dominance a été élaborée (par Konrad Lorenz) à la demande des Nazis !

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